Syndrome des jambes sans repos : et si vous en étiez atteint ?

On m’a demandé dernièrement si je connaissais UN exercice pour soulager le syndrome des jambes sans repos (SJSR). Malheureusement, cet exercice magique n’existe pas. En tous les cas, je ne l’ai pas encore trouvé ! Par contre, différentes actions peuvent être posées pour soulager et mieux gérer les symptômes associés.  

 

Qu’est que je le syndrome des jambes sans repos ? 

Aussi appelé “impatiences dans les jambes” ou “impatiences nocturnes”, c’est un trouble neurologique qui provoque un besoin incontrôlable de bouger les jambes, particulièrement durant les périodes de repos et de d’immobilité. L’intensité des symptômes peuvent varier d’une personne à l’autre, mais se décrivent généralement par une sensation d’inconfort ou de douleur, de fourmillement, de picotement ou même de sensations de brûlures dans les membres inférieurs. Ils seront généralement soulagés par le mouvement, le changement de position et les étirements. 

Au Québec, nous serions plus touchés que la moyenne des gens (15% au lieu de 10% dans le reste de la population) dû à une anomalie génétique. Bien, que ce soit davantage les adultes qui en soient atteints (les femmes en majorité), les enfants aussi peuvent développer de syndrome.  

 

Quelles sont les causes ? 

Il existe deux formes de ce syndrome : primaire et secondaire.  

Dans la forme primaire, la cause reste inconnue encore à ce jour (idiopathique). Nous savons par contre que cela induit un trouble neurologique causant un manque de dopamine dans le cerveau et la moelle épinière, une substance qui s’avère importante dans la conduction nerveuse et le contrôle des mouvements volontaires des muscles.  

La forme secondaire est souvent la conséquence d’un autre problème de santé, comme en présence d’une ou plusieurs de ces conditions suivantes :  

  • Carence en fer ou en acide folique (B9) 
  • Diabète 
  • Insuffisance rénale 
  • Fibromyalgie 
  • Polyarthrite rhumatoïde 
  • Grossesse (dernier trimestre) 
  • Prise de certains médicaments  
  • Obésité (exacerbe les symptômes) 
  • Sclérose en plaque et sclérose latérale amyotrophique 
  • Personnes migraineuses 

 

Comment se manifeste le SJSR ? 

Les symptômes peuvent se manifester par périodes de quelques minutes à quelques heures, durant lesquelles les mouvements involontaires des jambes peuvent se présenter à toutes les 60 secondes (allant même à une fréquence aussi rapprochée qu’à toutes les 10 secondes). Habituellement, les deux jambes sont atteintes, surtout les mollets, mais le syndrome peut évoluer avec le temps et toucher les cuisses et les bras. Les symptômes peuvent se manifester par intermittence ou quotidiennement, mais seront chroniques et progressifs chez la plupart des individus si cette condition n’est pas prise en charge. Le sommeil de la personne atteinte est par conséquent très léger et non réparateur, nuisant à la qualité de vie. Attention : à ne pas confondre avec des crampes nocturnes ou les douleurs de croissance chez les enfants et adolescents.  

 

Comment prévenir et traiter le SJSR ? 

 

Améliorer ses habitudes de vie : 

  • Avoir un horaire de sommeil régulier et une routine apaisante en soirée. 
  • Pratiquer des activités physiques légères à modérées dans la soirée. 
  • Pratiquer des techniques d’automassage aux jambes. 
  • Prendre des bains chauds ou faire des bains contrastes des jambes (alternance eau chaude et eau froide). 
  • S’adonner à des activités mentales (lecture, mots croisés) afin de faire diversion aux symptômes. 
  • Éviter des activités sédentaires en fin de journée (long trajet d’auto) et favoriser la marche et les tâches ménagères simples.  
  • Pratiquer des exercices aérobiques et de musculations pour les jambes, à raison de 3 fois par semaine. 

 

Alimentation : 

  • Vérifier la présence d’une carence en fer, acide folique et vitamine B12. 
  • Avoir une alimentation saine et diversifiée. 
  • Diminuer sa consommation de caféine (café, thé, chocolat, boisson gazeuse).  
  • Diminuer sa consommation d’alcool et de tabac. 
  • Éviter des repas lourds et tardifs en soirée. 

 

Supplémentation alimentaire :  

Certains suppléments doivent être pris sous supervision médicale (fer) et ne doivent pas entrer en interaction avec votre médication prescrit. Il important de se renseigner, même lors de la prise de certaines plantes médicinales. Le magnésium pris avant le couché, semble améliorer la qualité du sommeil en aidant à détendre les muscles. 

 

Meilleure gestion du stress : 

Bien que le stress ne soit pas la cause de ce syndrome, il peut malheureusement exacerber ses manifestations. Le yoga, la méditation et des techniques de relaxation pratiquées avant le coucher sont recommandés. La relaxation de type “Jacobson” vous permettra d’apprendre à relâcher vos tensions nerveuses et musculaires quotidiennement. 

 

Médication* :  

Les agents dopaminergiques, aussi appelés les antiparkinsoniens, sont habituellement les premiers médicaments prescris pour cette condition.  À beaucoup plus petites doses que dans le traitement du Parkinson, ils imitent la dopamine, molécule biochimique qui permet la communication au sein du système nerveux. Si les agents dopaminergiques sont inefficaces, des anticonvulsivants pourront être utilisés pour freiner les neurones qui provoquent les mouvements involontaires des jambes. 

Comme la prise de médicaments sous ordonnance peut être à l’origine du SJSR ou elle peut aggraver les symptômes, il faut d’abord et avant tout essayer de réduire et d’éliminer certains d’entre eux avec l’aide de son médecin et de son pharmacien.  

 

Le SJSR chez les enfants 

Les enfants aussi peuvent être touchés par ce syndrome. Malheureusement, ils n’ont pas le vocabulaire ni la conscience corporelle pour en parler. Ils vont ‘’gigoter’’, avoir de la difficulté à rester assis ‘’tranquilles”, à se concentrer et à s’endormir le soir venu. S’ils se plaignent de douleur ou d’inconforts aux jambes, nous leur diront à tort que ce sont des douleurs de croissance. Une recherche à démontrée que sur 88 enfants avec un TDAH, que le tier d’entre eux avaient aussi un syndrome de jambes sans repos ! 

Une des causes les plus probable de développer un SJSR chez les enfants serait une carence en fer (qui pourrait aussi être une cause possible des déficits de l’attention et hyperactivité chez les enfants).  

Donc, la première chose à faire est de vérifier s’il y a carence et palier par une supplémentation si besoin est. Ensuite, restreindre la caféine sous toutes ses formes (boissons gazeuses, chocolat) en plus de mettre en place une routine du soir, un horaire et de bonnes habitudes de sommeil.  

 

Ne pas prendre ce syndrome à la légère ! 

Trop de personnes atteintes n’oseront pas consulter croyant leur problème trop banal ou incurable. Au contraire ! Il existe des solutions et plus tôt cette condition sera prise en charge, plus facile sera le traitement. À long terme, lorsque la perturbation du sommeil est majeure (moins de 5 heures de sommeil par nuit) et chronique (plus de 3 mois), d’autres troubles de santé peuvent en découler : dépression, anxiété, troubles cardiaques, diabète. Alors n’attendez pas ! 

 

*À titre informatif seulement.  

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