Les affections en ”ite” aux épaules

Tendinite, bursite ou capsulite à l’épaule, cela vous dit quelque chose ? Pourquoi ces lésions sont si fréquentes à cette articulation ? Tout simplement parce que l’épaule est une articulation complexe (1 capsule articulaire, 2 bourses séreuses, 3 os, 5 articulations, 17 muscles et de nombreux ligaments), la plus mobile du corps humain, l’exposant considérablement aux risques de blessures.

 

Anatomie 101 de l’épaule 

Grâce à sa grande mobilité, l’articulation gléno-humérale permet le mouvement de l’humérus dans les 3 plans anatomiques (sagittal, frontal et transverse). Sa grande instabilité est due aux surfaces articulaires peu congruentes, car la tête humérale est plus grosse que la glène humérale dans laquelle elle s’appuie, à l’image d’une balle de tennis dans une petite cuillère.  Ce qui fait en sorte que les structures au pourtour doivent travailler en conséquence pour compenser (ligaments, tendons, muscles).  Les muscles stabilisateurs de l’épaule auront un rôle important à jouer dans le bon fonctionnement de l’épaule, dont la coiffe des rotateurs, composée des muscles supra-épineux, infra-épineux, sous-épineux et le petit rond. En plus, le triceps et la longue portion du biceps aiderons à stabiliser la tête humérale lorsque le bras se trouve au-dessus de la tête, et travailleront en collaboration avec les autres muscles.  (Image1)

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Un tunnel trop congestionné

Disons que je pourrais comparer la portion de l’épaule qui nous intéresse à l’entrée dans un tunnel en pleine heure de pointe.  Plusieurs rues convergeraient vers deux voies seulement, car la 3e serait fermée évidemment. Résultat : une congestion automobile, un risque élevé d’accrochages et l’irritation excessive des conducteurs ! C’est la même chose qui arriverait à l’épaule (ou presque). 

L’espace sous acromial est formé par l’acromion, l’articulation acromio-claviculaire, l’apophyse coracoïde et le ligament acromiocoradoïdien. (Image 2)

C’est dans cet espace (tunnel) que les tendons de la coiffe des rotateurs passent. Si cet espace est réduit, il y a un conflit mécanique (syndrome d’accrochage). Les tendons frottent sous l’acromion et en résulte d’inflammation de ceux-ci, allant de la tendinite à la déchirure partielle ou complète. Le tendon le plus souvent affecté, est le celui du supra-épineux, vu sa position et son hypovascularisation près de son insertion sur le trochiter, situé sur la tête de l’humérus. 

Image 2

Si la tendinite perdure dans le temps, l’inflammation et l’œdème s’installeront et diminueront davantage l’espace, et pourront par la suite en résulter une bursite. La bourse séreuse sous-acromiale, qui permet le glissement des tendons de la coiffe des rotateurs sous l’acromion, sera à son tour comprimée par ce manque d’espace, inflammée et irritée par le frottement excessif des tendons sur celle-ci. (Image 2)

Un cercle vicieux est ainsi créé.

 

Quand survient la capsulite dans tout cela ? 

La capsule articulaire de l’épaule se trouve être la couche la plus profonde des tissus mous, donc sous les muscles et près de l’os. Elle est fait d’une membrane fibreuse qui entoure l’articulation et laquelle contient un liquide lubrifiant. Lors d’une capsulite, la capsule s’épaissit et devient de plus en plus fibreuse, limitant tous les mouvements de façon significative et rendant les moindres gestes de la vie quotidienne pénibles et douloureux (s’habiller, se peigner, travailler). 

Dans au moins 50% des cas de capsulite, la cause est inconnue. Il semblerait que ce serait une réaction exagérée du corps à un stress (physique, psychologique, maladies).  

Il est vrai que la capsulite rétractile (ou l’épaule gelée) peut survenir après une affection à l’épaule (tendinite, bursite, fracture, etc.) tout simplement parce que l’épaule a été immobilisée trop longtemps,  par protection ou à cause de la douleur. C’est pour cette raison, entre autres, qu’il ne faut jamais tarder à consulter dès que vous avez des douleurs inexpliquées à l’épaule avec perte ou non de mobilité. Bien que la capsulite se traite, la phase de guérison peut s’échelonner de 6 mois à 2 ans. C’est une longue période à ne pas être en mesure d’attacher son soutien-gorge seule !

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Comment différencier une tendinite d’une capsulite à l’épaule ? 

Dans les deux cas, je ne vous le cacherai pas, c’est douloureux. Par contre, lors d’une tendinite et d’une bursite, on peut observer le phénomène que l’on appelle l’arc douloureux de l’épaule. Lorsque la personne fait une flexion et une l’abduction de l’épaule, il y aura présence de douleur seulement entre 60° et 120°. Cela indique un conflit sous acromial, que l’espace est diminué et que les tendons et la bourse sont comprimés lorsque le membre est élevé. Avec une capsulite, tous les mouvements dans tous les angles seront douloureux, ou presque, que ce soit en actif (avec la contraction musculaire volontaire) ou en passif (assisté par l’autre bras ou avec l’aide d’un objet telle une sangle). 

 

Comment s’éviter ces problèmes aux épaules 

Il faut garder en tête qu’il faut à tout prix conserver un bon espace sous-acromial afin de prévenir un accrochage. En prévention, il faut faudra : 

  • Avoir un bon positionnement des épaules. 
  • Maintenir une bonne posture du tronc, de la tête et des épaules. 
  • Entretenir la souplesse musculaire et la mobilité articulaire du cou et des épaules par des étirements ciblés ou des étirements myo-fasciaux. 
  • Renforcer les muscles des épaules afin d’avoir la force musculaire nécessaire pour faire les tâches et mouvements demandés et ainsi éviter toutes compensations.  
  • Évitez les mouvements répétitifs ou gérer ceux-ci sur une période de temps entre-coupée de pauses et de tâches variées. 
  • Pratiquer des ELDOA pour décompresser la tête humérale, la bourse et les tendons irrités. 
  • Ne tarder pas à consulter un thérapeute (physiothérapeute, ostéopathe, acupuncteur et autres praticiens de confiance) dès les premiers signes de douleurs et de limitations à l’épaule. 

 

Vous n’avez pas réussi à vous éviter un affection en ”ite” à l’épaule ?

Ne vous en faites pas, les conseils précédents sont valables et préconisées pour vous aussi. Mais en plus, il vous sera peut-être recommandé : 

  • De prendre des anti-inflammatoires  
  • Recevoir des injections de corticostéroïdes 
  • De faire une arthrographie distensive (injection d’une solution saline afin de briser les adhérences de la capsule) 

Avez une assiduité à pratiquer vos exercices, une prise de conscience de votre posture et de l’utilisation de vos bras et de vos épaules, vous serez bien outillés pour vous en sortir.

Rappelez-vous, ce n’est jamais une bonne idée de prendre un tunnel sur les heures de pointe…un accrochage est si vite arrivé.