M. Arnold, vous me donnez mal à la tête!

J’ai fait la douloureuse rencontre de M. Arnold alors que j’étais à ma dernière année d’études en technique de réadaptation physique au cégep Marie-Victorin.  Au début, ses visites ne duraient que quelques heures par semaine.  Néanmoins, plus nous avancions dans la session, plus ces dernières s’éternisaient. Il me tenait compagnie jour et nuit. Disons qu’étudier en sa présence était devenue une tâche des plus pénibles.

 

Je vous présente M. Arnorld.

Vous avez compris que je parle bien ici du nerf d’Arnold, aussi appelé le grand nerf occipital,  situé à la base du crâne. C’est un nerf mixte, c’est-à-dire, qu’il est responsable de l’innervation de certains muscles du cou (moteur) ainsi que des sensations ressenties à la face postérieure de la tête et du cuir chevelu (sensitif).

On décrit une névralgie d’Arnold lorsqu’il y a compression ou irritation du grand nerf occipital,  se manifestant par des douleurs vives, spontanées et intenses sous forme de brûlures ou de décharges électriques.  Les malaises se font ressentir sur le territoire d’innervation du nerf, soit à la nuque, l’occiput, le sommet du crâne et peuvent même irradier à l’oreille, le sourcil et à l’œil. À la différence des autres types de mal de tête, les symptômes de la névralgie d’Arnold se présentent généralement d’un seul côté à la fois et peuvent être déclenchés par l’application d’une simple pression à l’endroit où sort le nerf sous l’occiput.

 

Lorsque les causes et les mauvais diagnostics s’additionnent …

À l’époque, les médecins ont eu de la difficulté à diagnostiquer ce que j’avais. Une épidémie de méningite au début des années 2000 faisait paniquer tous les omnipraticiens qui rencontraient des patients avec des raideurs à la nuque et des maux de tête fulgurants.  J’avais pourtant les conditions prédisposées pour développer cette névralgie : antécédents de chutes et de coups sur la tête, un niveau de stress élevé et de longues heures penchée sur mes livres d’école. C’était nébuleux pour moi de trouver le bon diagnostic, même avec mes connaissances en physiothérapie. Quand on a mal, on a mal. Que l’on soit médecin ou comptable, nous sommes très peu objectif avec nous-même et notre capacité d’analyse devient vite embrouillée.

Il faut garder en tête que d’autres causes possibles peuvent provoquer une névralgie d’Arnold :

  • Inflammation à la base du crâne
  • Bruxisme
  • Rhumatismes
  • Arthrose
  • Traumatisme (coup de lapin)
  • Contractures musculaires
  • Blocage des vertèbres cervicales (C1-C2)

 

Le retour à la normale

Une fois le diagnostic établi, je vous mentirais en vous disant que le retour à la normale fût limpide et sans embuches. La nuque étant une zone très sensible, c’était délicat de bien doser l’intensité des manipulations à recevoir et les exercices à faire, même pour une thérapeute de formation. Au début, il fallait éteindre les feux. Alors,  les antiinflammatoires, les relaxants musculaires et la glace ont été mes meilleurs amis pendant quelques semaines. Par la suite, une combinaison de traitements de physiothérapie, de chiropractie, de massothérapie et d’acupuncture, ainsi que des infiltrations de cortisone m’ont enfin permis de sortir de la phase aiguë.

Par contre, rien n’était encore gagné. Ma posture était à revoir du tout au tout : au travail, lorsque j’étudiais,  et durant mon sommeil. C’est à ce moment-là que j’ai découvert la Gymnastique sur Table au centre de kinésiologie Oxygène à St-Jean-sur-Richelieu. Quelle approche fantastique et bizarre!

Gym sur Table

La Table : une révélation!

Durant l’année qui a suivie, je faisais de un à deux cours de Gym sur Table par semaine et je pratiquais religieusement mes exercices de rééducationposturale à la maison, et ce, tous les jours sans exception. Cette approche fut une révélation pour moi. Je réalisais que, malgré tous les traitements reçus, si je ne modifiais pas la façon de me tenir et de bouger, M. Arnold allait me rendre visite à nouveau et tout serait à recommencer.

 

Mon programme de remise en forme ressemblait à ceci :

  • Longue marche de 3 à 5 km pour bien échauffer le corps et m’oxygéner
  • Étirement des muscles du cou et des épaules
  • Respiration ventrale
  • Tonification douce des muscles stabilisateurs des omoplates
  • Exercices de mobilité des yeux et de la langue (vous seriez surpris)
  • Automassage des mâchoires, des tempes et du cuir chevelu
  • Exercices de détente et méditation

 

Quand la vie vous donne des citrons, faites-en de la limonade!

L’année suivant, je m’inscrivais à la formation d’un an avec Thérèse Cadrin Petit à Montréal pour être enseignante certifiée de Gym sur Table. Ce fut le début d’une belle et longue aventure dans le domaine de la rééducation posturale et le soulagement des douleurs chroniques par des exercices doux. La rencontre de M. Arnold n’aura pas été futile, bien au contraire.