Vivre avec des douleurs chroniques : 3 principes à respecter

1 – Connaître son point d’inflexion et le respecter

Selon moi, le principe le plus difficile à respecter est celui de connaître nos nouvelles limites en tant que personne aux prises avec des douleurs chroniques. Des limites qui sont parfois très différentes de celles auxquelles nous étions habitués par le passé. Je reconnais que pour identifier ces nouvelles capacités, il faut faire preuve de beaucoup d’humilité, être attentif aux différents symptômes et, surtout, savoir bien les interpréter.

Qu’est-ce que le point d’inflexion

Le point d’inflexion de l’intensité de la douleur c’est le moment précis où la douleur augmente lors d’un effort physique. C’est le moment où il faut arrêter l’exercice ou l’activité. La  reprise de l’effort se fera seulement si l’intensité de la douleur revient au même niveau qu’au point de départ et diminuer de 50% la durée de l’effort précédent1.

Comment gérer le ménage avec ce principe?

Par exemple, vous faites du ménage avec un mal de dos qui est de 3/10 sur l’échelle de l’intensité de la douleur.  Après 30 minutes, l’intensité de la douleur s’élève à 4/10. Vous arrêtez. Après une pause de 20 minutes, l’intensité de votre douleur revient à 3/10. Vous pouvez alors reprendre votre ménage pendant une durée maximale de 15 minutes. L’application de ce principe dans vos activités de la vie quotidienne vous évitera bien des maux et des frustrations inutiles.

2 – Prendre ses médicaments à l’heure et à la dose prescrite

La raison pour laquelle j’aborde cet aspect, c’est qu’un phénomène appelé l’hyperalgie peut se manifester dans un contexte de douleur chronique. Douleurs chroniquesLes messages de douleurs transmis au cerveau ou ceux émis par celui-ci persistent une fois la blessure disparue, à la suite une stimulation douloureuse prolongée ou intense.

L’autoroute de la douleur

Imaginez que les influx nerveux nociceptifs (les messages de douleur) empruntaient auparavant un chemin de campagne tranquille et que celui-ci s’est transformé en une autoroute achalandée dont les bouchons de circulation se poursuivent bien avant et après l’heure de pointe.

Le cerveau interprète tous messages comme étant douloureux : un massage, un courant d’air, une vibration, un bruit, un mouvement, etc. Afin de calmer cette hyperalgie, il faut atténuer en quelque sorte ce trafic. Les analgésiques, les anti-inflammatoires, les relaxants musculaires et les autres médicaments recommandés et prescrits par votre médecin ont, entre autre, pour but de donner une pause à votre système nerveux bombardé et surstimulé.  N’hésitez pas à en parlez-en à votre médecin et votre pharmacien afin d’avoir toujours la dose optimale pour votre condition et réévaluer celle-ci au besoin.

3 – Bougez!

C’est un classique. On le dit souvent que bouger c’est la santé. C’est aussi le cas pour la douleur chronique. Bien entendu, le rôle de la douleur est de nous protéger, ainsi que de nous permettre l’immobilisation et la guérison. En revanche, l’immobilisme devient couramment plus nocif que bénéfique après un certain temps.

L’immobilisme : un cercle vicieux

Plus nous avons mal, plus nous évitons de bouger de peur de réveiller cette douleur. C’est ce qu’on appelle le comportement de peur-évitement2. Parce que nous bougeons moins, notre condition physique générale se détériore. Tout ce que l’on fait demande un plus grand effort et génère plus de fatigue. Notre seuil de douleur s’abaisse. Alors nous bougeons de moins en moins pour ne pas reproduire la douleur. Le phénomène de peur-évitement recommence de plus belle.

Bouger pour le moral

Vous n’avez pas l’énergie pour faire du sport ou trop mal pour faire des exercices? Allez marcher 5 minutes et déjà les bienfaits se feront se

Mal de dos

ntir. Votre corps aura bougé, les muscles se seront réchauffés et assouplis, vos systèmes cardiovasculaire et respiratoire se seront activés, vous aurez vu de belles choses et peut-être même rencontré des gens sur le trottoir.

Souvent, les gens qui assistent à mes cours d’Entraînement postural et stretching arrivent avec des conditions et des douleurs qui leur sont spécifiques (sciatalgie, raideur au cou, tendinite, douleur lombaire, etc.). Après un échauffement doux et des exercices progressifs,  ainsi qu’avoir ri et placoté avec le reste du groupe, souvent ils sont surpris de repartir chez eux sans malaise. Moi je ne suis aucunement surprise. Bouger nous fait sortir de chez nous, nous fait penser à autre chose qu’à nos bobos et nous fait rencontrer de belles personnes qui nous font du bien.  C’est aussi ça bouger.

1-2) Certification en réadaptation en contexte de douleur chronique Niveau 1, Yvan Campbell, B.Ed., M.Sc., SRDC,

Kinésiologue – Institut de kinésiologie du Québec 2016 – www.yvancblog.com