La vie derrière le volant (partie 1)

Article publié dans le journal Ici Maitenant, édition octobre-novembre 2015, page 13.
Cliquez ici pour le visualiser en ligne.

Avez-vous remarqué le temps que vous passé derrière un volant dans une journée? Moi je l’ai remarqué et cela me désole.

Selon une étude de Statistique Canada* effectuée en 2014, 15,4 millions de Canadiens se déplacent en auto pour aller travailler, dont 74% sont des conducteurs. Le trajet moyen est de 25 minutes, donc, 50 minutes pour un aller-retour au travail. Vous me direz que cela n’est pas si mal, non? Je ne pense pas, parce que le travail n’est pas la fin en soi.  Les prétextes pour passer plus de temps derrière notre nouveau compagnon ne cessent de se multiplier: faire l’épicerie, aller chercher les enfants à leurs activités parascolaires, utiliser le service à l’auto à votre restaurant préféré et passer au lave-auto à l’occasion. Malheureusement, cela ne semble pas s’arrêter là. Dernièrement, on a vu naître des guichets bancaires accessibles par auto et la possibilité de recevoir ses prescriptions à sa pharmacie de la même façon. Il semblerait que l’on peut se marier à bord de son auto à Las Vegas, visiter un musée en Europe derrière son volant et j’ai même lu qu’il y avait un salon funéraire aux États-Unis où l’on pouvait rester bien confortablement assis dans son siège d’auto pour rendre un dernier hommage à la personne décédée. Après cela, je n’ose pas imaginer où les automobiles seront permises.

Une mode passagère ou un mode de vie?
Je ne sais pas si cela est passager, mais mentionnons que depuis l’ouverture de sa première franchise avec service au volant en 1975, en Arizona, cette pratique représente 65% des ventes de McDonald aux États-Unis. Pourtant, la ville qui a vu naître le tout premier restaurant avec service au volant, en 1948, a banni temporairement la construction de nouvelles installations du genre pour contrer l’obésité.

D’autres villes Québécoises emboîtent le pas
L’arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie** à Montréal, pour ne nommer que celle-ci, a décidé d’interdire le service au volant, car selon les responsables celui-ci :

  • Ne favorise pas le transport collectif ni actif
  • Encourage la sédentarité
  • Peut être difficilement associé à de saines habitudes de vie
  • Est offert dans des restaurants qui proposent souvent de la malbouffe
  • Entraînent parfois des embouteillages
  • Etc.

Sachant qu’au Canada seulement 7% des déplacements sont actifs (à pied ou à vélo), ce mode de vie  »derrière le volant » n’améliore en rien la tendance.

La conduite sans conséquence?
Il est vrai que les automobiles ne sont plus ce qu’elles étaient : plus confortables que jamais, une grande autonomie d’essence, dispositif mains libres et GPS intégré. Bref, nous n’avons même plus besoin de s’arrêter à un dépanneur pour demander notre chemin! Ainsi,  nous bougeons de moins en moins, de plus en plus longtemps, et cela n’est pas sans conséquence :

  • Excès de poids
  • Crampes aux pieds
  • Douleurs au bas du dos
  • Raideurs à la nuque
  • Fatigue musculaire aux épaules
  • Apnée du sommeil
  • Accident dû à la fatigue…

Je ne vous dis pas de vendre votre auto demain matin (même si mon copain l’a fait et qu’il s’en porte beaucoup mieux depuis), mais il y a un usage et des choix intelligents que vous pouvez faire dès l’achat de celle-ci. Nous les approfondirons ensemble dans la suite de cet article qui paraîtra en décembre.

 

*Statistiques Canada, janvier 2014 : www12.statcan.gc.ca/nhs-enm/2011/as-sa/99-012-x/99-012-x2011003_1-fra.cfm

**La Presse, 13 février 2014 : http://affaires.lapresse.ca/economie/commerce-de-detail/201402/13/01-4738377-service-a-lauto-interdit-tim-hortons-orchestre-sa-riposte.php