Névrome de Morton (et non de Horton!)

De plus en plus de clients me disent souffrir de ce problème. N’étant pas une spécialiste des pieds et n’ayant pas assez de conseils à leur offrir, j’ai décidé de m’informer un peu plus à ce sujet. 

La complexité du pied 

Quand je dis que je ne suis pas une spécialiste des pieds, vous allez comprendre pourquoi. Le pied comprend 26 os, 20 muscles et 107 ligaments, et cela, sans compter les nerfs et vaisseaux sanguins qui le traversent. C’est pour cela qu’il y a des orthésistes (études collégiales), des podiatres (doctorat en médecine podiatrique – 1er cycle) et des orthopédistes (doctorat spécialisé en médecine chirurgie orthopédique – 2e cycle) qui se spécialisent dans le traitement des pieds vu les complications possibles. Sans parler des physiothérapeutes, acupuncteurs et ostéopathes qui ont une formation plus que complète sur de nombreuses techniques pour traiter et soulager les douleurs résultantes d’un névrome de Morton. 

 

Le syndrome du canal carpien…mais du pied. 

Dans le cas qui nous intéresse, c’est un petit nerf sensitif qui passe entre le 3e et le 4e métatarse (le plus souvent atteint) ou entre le 2e et le 3e métatarse qui est affecté. Comme le canal dans le lequel passent ces nerfs est très étroit, la moindre altération de son environnement pourrait le comprimer et l’irriter.  

Névrome de Morton

La maladie de Morton ressemble au phénomène que l’on retrouve dans le syndrome du tunnel carpien. Le canal dans lequel passe les nerfs du poignet est étroit, ceux-ci s’en trouvent restreints par le manque d’espace pour bouger et glisser librement.  

 

Comment un si petit nerf peut-il faire souffrir autant ? 

Les symptômes sont variés et peuvent sembler anodins à première vue, mais ils sont très douloureux et invalidants pour ceux et celles qui en souffrent. 

  • Douleurs vives sous la base des orteils et entre les orteils 
  • Crampes aux orteils 
  • Impression de caillou dans le soulier ou d’un pli dans le bas 
  • Chocs électriques, engourdissements, picotements des orteils 
  • Sensation de brûlures à l’avant-pied
  • Modification du patron de marche 
  • Douleurs s’intensifient à la marche, position debout ou selon les souliers portés. 
  • Bosse sous le pied vis-à-vis le nerf atteint 
  • Douleur lors du test clinique du ‘’signe de Mulder’’ 

 

Plus du 3 personnes sur 4 atteintes d’un névrome de Moron seraient des femmes de plus de 50 ans. Je ne suis pas surprise par cette statistique sachant que parmi les causes il y aurait le port de souliers trop étroits et des talons hauts. Comme c’est une affectation qui semble se détériorer avec le temps, tout semble croire que les répercussions se font sentir au moment où les pieds commencent à avoir des signes de dégénérescence (orteils en marteau, hallux valgus, déformations des orteils, arthrose, etc.). 

 

S.V.P. prévenez ! 

Favorisez des chaussures plus larges à talons bas (moins de 2.5 cm) afin de réduire la pression sur l’avant du pied. Marchez pieds nus régulièrement de manière à favoriser la mobilité des os du pied et laissez les orteils bouger librement. 

Soignez vos pieds. Messieurs, je m’adresse à vous aussi ! Des soins réguliers chez un podologue afin d’amincir les durillons sous les pieds peuvent aider à soulager la pression excédentaire exercée sur les métatarses et ainsi soulager la douleur ou prévenir son apparition. 

 

Peut-être que vous vous dites, cela ne me regarde pas vraiment, car je ne porte pas de chaussures à talons hauts ! Moi non plus je ne porte pas de talons hauts et je travaille pieds nus à longueur de journée, mais pourtant, j’ai des signes avant-coureurs d’un névrome de Morton (engourdissements de deux orteils à la marche et sensation d’un pli de bas). Pourquoi ? Ayant les pieds très étroits et longs, j’ai l’habitude d’acheter des bottes et des souliers de course d’un demi-point trop petit pour moi afin d’empêcher mes talons de sortir de mes souliers. Sans oublier les chaussons d’escalade qui écrasent littéralement les pieds lorsque je m’adonne à ce sport ainsi que la course à pieds pratiquée que je pratique quatre fois par semaine, qui chez moi, favorise la prolifération de callosités à la base des orteils.

Semelles coussinées

Semelle coussinée offerte par ma podologue 🙂  

 

Si je ne fais pas attention, je devrai me soumettre à ces traitements comme la majorité des gens qui encore cette condition :

  • Prise d’antalgiques et d’anti-inflammatoires
  • Infiltrations de cortisone 
  • Arrêt complet des activités sportives (escalade, marche, randonnée, danse, course à pied) 
  • Port d’orthèse qui écarte les métatarses (image) 
  • Chirurgie de décompression du nerf ou une neurectomie (section d’une portion du nerf) 

Bien que la chirurgie soit banale, nous ne souhaitons en arriver là. 

 

Les actions à poser dès maintenant 

En faisant mes recherches pour écrire cet article, j’ai réalisé que j’étais à risque, plus que je ne le croyais, de développer la maladie de Morton. Afin d’éviter le pire : 

  • J’ai acheté des bottes et des souliers de course un demi-point plus grand. 
  • J’ai pris un rendez-vous chez ma podologue (le dernier remonte à 10 mois). 
  • J’ai sorti une balle à massage afin de libérer les tensions entre les métatarses (que je laisse à côté du divan qui fait face à la télévision). 
  • J’en parlerai à mon ostéopathe lors de mon prochain rendez-vous avec elle. 

 

Et vous, quelles actions poserez-vous dès aujourd’hui ?