Mieux respirer pour mieux performer

Il y a une semaine, jour pour jour, je m’apprêtais à gravir le mont Brome avec une amie. Bien qu’une partie de moi avait hâte à cette sortie, je dois vous avouer qu’une autre était un peu préoccupée. C’est que je considère cette amie très active et motivée! Adepte de la course à pied, de la randonnée pédestre hivernale et en préparation pour une expédition de plusieurs jours en Corse à l’automne prochain, je savais qu’elle n’avait pas chômé de l’hiver. Moi…oui! Quelques sorties en ski de fond et en raquettes résumaient mes activités sportives des derniers mois.

Motivées, nous commençons notre montée en cette fin d’après-midi ensoleillé. Munies de nos petits sacs à dos et elle, de ses battons de marche, nous avançons d’un bon rythme, mais sans toutefois être expéditif.  J’en profite pour regarder le paysage, observer ma technique de marche et discuter de tout et de rien avec ma compagne qui m’écoute sagement.

Une technique  qui fait toute la différence dans la performance

Après une dizaine de minutes, elle m’avise essoufflée que la cadence que nous avons  adoptée au début est probablement trop rapide, car elle cherche encore son souffle. C’est probablement pour cette raison qu’elle me laissait monologuer seule.  Finalement, quelques minutes plus tard elle ajoute : “Mélissa, tu es dont bien en forme!”

À ma grande surprise! Moi, en forme? C’est elle qui est sensée l’être, non?

Là, je me mets à réfléchir. Comment se fait-il que je ne sois pas essoufflée contrairement à elle? Cela m’apparaît improbable. Je me mets immédiatement à comparer nos respirations respectives (déformation professionnelle). La mienne est longue, calme et profonde. Je sens l’air descendre jusque dans mon ventre avant d’être expulsé par mon nez silencieusement. Le sienne est courte, sortant plutôt de la gorge, tandis que sa poitrine et ses épaules se soulèvent à chaque inspiration. Je remarque aussi que ses épaules sont voutées et elle m’avoue se sentir particulièrement tendue au niveau du cou ces derniers temps. Ah! Ah! Nous avons trouvé les coupables. Sa technique de respiration et sa posture nuisent à ses  performances physiques et à sa capacité respiratoire optimale lors de la randonnée pédestre. Mais est-ce la même chose pour tous les sports? La respiration et la posture peuvent-elles nuire à ce point ou être un avantage non négligeable? Mon questionnement ne fait que commencer.

La posture et la respiration chez les coureurs

Je me rends donc à la boutique Course et Cie à Granby et demande à un des copropriétaires quels sont les conseils de base sur la posture et la respiration prodigués aux coureurs en herbe qu’il accompagne au quotidien. Selon lui, il faut maintenir un dos droit, comme si un fil tirait la colonne vertébrale vers le haut, avoir les épaules détendues, la poitrine et la cage thoracique ouverte. Tous les membres de son équipe ont le même discours à ce sujet. En plus, il ajoute que la respiration doit être en continue et descendre jusque dans le ventre. À son avis,  nous devrions inspirer pendant que nous faisons deux à trois pas et expirer au même rythme.

Ce spécialiste de la course à pied me confirme donc que même dans la pratique d’une activité soutenue, telle la course à pied, il est possible de maintenir une bonne posture et une respiration abdominale. Cela est même recommandé. C’est aussi bénéfique pour soulager les douleurs que pour performer.

Aussi bénéfique pour soulager des douleurs que pour performer

Je suis contente d’apprendre cela, car même si la plupart des participants à mes cours de groupe ou privés sont présents pour gérer certains malaises (mal de dos, d’épaules, tendinites, tensions musculaires, etc.), une bonne technique de respiration et une posture optimale est autant bénéfique chez les sportifs. Lorsque les douleurs sont éprouvées depuis un certain temps chez la personne, on remarquera une modification de la respiration. J’ajouterais qu’une mauvaise posture peut entretenir ces mêmes douleurs. En revanche, les sportifs ont intérêt à mettre en pratique ces conseils de base et à les intégrer dans leur entraînement, car à leur niveau, se sont leurs performances qui en bénéficieront.

Recommandations au sommet

Finalement, arrivées au sommet du mont, nous nous assoyons et voyons à un plan d’action pour l’aider dans sa préparation. Quelques exercices d’étirement du cou et de la poitrine, des exercices de tonification du haut du dos, mais surtout des exercices de respirations qu’elle devra mettre en pratique si elle veut être fin prête cet automne. Je lui propose même une application sur son téléphone intelligent afin qu’elle s’exerce cinq minutes par jour à une technique de respiration appelée la cohérence cardiaque. Elle  me promet de s’y mettre et de ce donner deux mois pour voir des améliorations.  On se donne donc rendez-vous dans deux mois au mont Brome. Et d’ici là, moi aussi je continuerai à mettre en pratique mes propres conseils, car cette fois-ci, je crains qu’elle arrive au somment bien avant moi.

Article publié dans le journal Ici Maintenant édition juin-juillet 2016 p. 20