Une hernie discale, ça se guérit!

Je me présente chez un client pour une évaluation posturale et un programme d’exercices à domicile pour l’aider à surmonter ses douleurs au bas du dos. Au moment où l’on révise son questionnaire santé, il me précise très sérieusement:

  •  »J’ai une hernie discale »
  • Et moi de lui demander :  »Quand vous a-t-on diagnostiqué cette hernie? »
  •  »En 1985 », me répond-t-il.
  •  »Ha bon! » Moment de silence de ma part.

Je crois que, depuis le temps, l’hernie de monsieur s’est résorbée, mais pas les souvenirs reliés à cette période douloureuse de sa vie.

Malheureusement, c’est souvent ce que j’entends lorsque je pose la question sur le moment où l’hernie est survenue. Trente ans plus tard, ce n’est pas elle la cause de vos malaises actuels, mais plutôt les conséquences de celles-ci.

Vous avez peut-être une hernie discale, mais vous ne le savez pas!

Il semblerait que presque une personne sur deux présente des signes de dégénérescence discale plus ou moins importante. La grande majorité l’ignorerait et n’en souffrirait pas. Et l’inverse est possible. Vous pouvez souffrir énormément et tous vos examens (IRM, radiographies, SCAN) ne montrent aucune évidence d’une hernie. Il faut comprendre qu’une hernie ne survient jamais d’un coup, même si la douleur peut être fulgurante du jour au lendemain.

Une hernie discale : la conséquence et non la cause de vos maux de dos

 »Je suis resté avec un dos fragile depuis mon hernie discale. »  C’est une autre phrase  que j’entends régulièrement. Elle est vraie, maHernie discale guérisonis en partie seulement.

Une hernie discale est la dernière étape du processus de la dégénérescence discale. Pour vous simplifier la compréhension de ce processus, je pourrai résumer celui-ci en six grandes étapes :

  1. Diminution de l’épaisseur du disque vertébral par la diminution du volume d’eau dans le nucléus (noyau)
  2. Augmentation de la charge et de la pression sur les structures environnantes (vertèbres)
  3. Diminution de l’efficacité et de la stabilité des différents segments mobiles de la colonne vertébrale
  4. Atteinte du cartilage osseux (début d’arthrose)
  5. Apparition d’ostéophytes (excroissances osseuses)
  6. Hernie discale

Pourquoi ça fait si mal docteur?

L’hernie discale, c’est lorsque que l’anneau du disque est fissuré et le noyau a passé au travers. C’est une hernie, lorsque celui-ci déborde en partie du disque dans le canal rachidien. À ce moment, l’organisme ne semble pas reconnaitre cette partie du noyau. Il la considère comme un corps étranger et il essaie tant bien que mal de s’en débarrasser. Un processus inflammatoire va s’installer afin de venir  »dégrader » le fragment e,t par la suite, une résorption naturelle va s’opérer. C’est comme la fièvre. C’est un processus naturel qui est douloureux, chaud et pénible, le temps que le virus soit éliminé.  Pour le cas d’une hernie, cela peut s’échelonner sur plusieurs mois (de 8 à 18 mois).

Quoi faire pour soulager la douleur?

Les traitements et les soins qui seront prodigués au patient qui souffre d’une hernie discale ne sont pas dans le but de la guérir, mais bien de soulager la douleur qu’elle occasionne. Que ce soit les anti-inflammatoires, les antidouleurs, l’électrothérapie, la glace, les massages, les traitements chiropratiques, de physiothérapie ou d’ostéopathie,  et., toutes ces interventions sont là pour aider le patient à traverser cette période douloureuse, mais nécessaire à la guérison naturelle de l’hernie.  L’opération pourrait être envisagée seulement s’il y a des risques de compression nerveuse majeure et s’il y a un changement radical dans la condition du patient (perte rapide de la force musculaire des jambes, perte dans la maîtrise de ses sphincters, etc). Sinon, les médecins s’entendent de plus en plus pour ne pas intervenir si cela n’est pas nécessaire, car une opération comporte des risques, des  inconvénients et un stress supplémentaire sur le corps.

Et après?

Une fois la crise passée, il faudra se remettre à bouger si vous ne voulez pas avoir mal pendant les 30 prochaines années! Ma priorité, sera de vous faire bouger pour ne pas que vous développiez une peur de bouger à long terme (kinésiophobie). Une hernie c’est douloureux, mais ce n’est pas dangereux. Ensuite, nous mettrons l’emphase afin que vous retrouvier la mobilité, la souplesse, la force et l’endurance musculaire perdue durant votre période d’immobilité et de sédentarité forcée. Des exercices de tonification progressifs, des étirements, des ELDOA, le retour à la marche, au vélo, à la natation et aux activités que vous aimez, seront toutes de bonnes façons de retrouver votre santé musculo-squelettique d’avant.

Pour consulter l’original dans le Journal Ici Maintenant, cliquez ici.